Le coup de gueule du capitaine... (Par Anne)

Le cœur du rugby bat au  sein de la mêlée.

Où il est question de l’âme de notre sport.

 

La mêlée, cet édifice vivant et mobile où huit personnes s’efforcent de conjuguer leur envie d’avancer, leur puissance, leur savoir-faire, au service de l’équipe. Un moment unique de solidarité, de souffrance parfois et de bonheur intense, toujours partagés. Est-il plus grande jubilation collective que d’emmener à huit, petits pas par petits pas, la balle des cinq mètres adverses jusque dans l’embut ?

 

A partir de la Nationale 1 en rugby féminin (challenge Armelle Auclair) le règlement de catégorie A est appliqué. Les mêlées poussées font donc partie intégrante du jeu et la préparation spécifique des joueuses, de première ligne notamment, s’impose.

Ce sont des heures de renforcement musculaire, d’acharnement sur le joug, de travail de liaisons, de placement et de cohésion à trouver. Mais quelle récompense le dimanche quand la mêlée avance ! Quelle satisfaction de récupérer des ballons sur introduction adverse ! Quelle jouissance de sentir la première ligne adverse qui appréhende l’entrée en mêlée ! C’est un match dans le match.

 

Malheureusement, cette saison nous nous retrouvons confrontées à un mal que nous n’avions pas ou peu connu jusqu’alors : le passage en mêlée simulées. Ce qui fut le cas en ce début de saison lors de trois matchs sur quatre ! Cette simulation des mêlées ne concerne pas forcément des équipes de bas de tableau, mais bel et bien des équipes qui se disputent les trois premières places du championnat.

Certes, il y a la spécificité du poste de première ligne et les blessures qui peuvent malheureusement en résulter, il y a le règlement qui est ainsi fait pour protéger les joueurs(euses). Je m’insurge cependant de la facilité déconcertante avec laquelle certaines équipes ont recours à cette solution, dès lors qu’elles se sentent dominées devant. L’équipe subissant la décision, qui de ce fait se retrouve diminuée, ne bénéficie pourtant d’aucune contrepartie. J’en appelle à la règle de la carence qui rétablirait un tant soit peu la balance. La mêlée redeviendrait alors une séquence de jeu fondamentale dans un sport où l’affrontement est roi.

 

A l’heure où le rugby à sept est à l’honneur et en plein essor, ce dont on peut se réjouir, il me semble du devoir de toutes et tous de s’efforcer de préserver les valeurs et l’âme du rugby à XV que nous aimons.

 

 

Anne Ritter

Pilier droit et capitaine de l’équipe de rugby féminin de Sélestat-Illkirch.

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus